Sonia, une quarantaine de vols, a déjà effectué plusieurs vols de plus d'une heure mais toujours sous la responsabilité de moniteurs. Pour continuer à progresser elle décide de faire un stage de perfectionnement dans l’une des plus belles vallées des Pyrénées.
Au cours du dernier vol de la matinée, après un moment passé à « gratter » le long d’un relief, elle n’arrive pas à obtenir d’aide de sa monitrice malgré plusieurs appels radio ; se sentant en difficulté, elle prend la décision de poser sur un plateau car elle n’est plus en mesure de rejoindre l’atterrissage. Elle prévient par radio qu’elle s’est posée et plie son aile.
L’élève moniteur qui l’avait faite décoller précédemment lui répond alors qu’elle se trouve sur un ancien décollage parapente et qu’elle peut redécoller. Sonia se prépare, même si là où elle se trouve, aucun des moniteurs ne peut la guider efficacement. Une fois en l'air la sortie de décollage est très turbulente, l'élève moniteur lui conseille alors de bien freiner son aile mais ne voit pas qu’elle a déjà beaucoup de frein, elle hésite, il répète ses instructions. Sonia s'exécute, mais trop de frein face à un thermique puissant et turbulent, même avec une aile école ça décroche.
Là, tout va très vite : abatée, frontale, Sonia voit la voile à ses pieds, elle traverse le suspentage, une partie des suspentes se retend mais trop près du sol c'est l'impact!
Un autre moniteur a vu l'accident, il accourt. Le premier bilan est plutôt miraculeux, Sonia finit par se redresser et marcher. Un épais tapis de bruyère combiné à une forte pente l'a sauvée.
Le bilan ultérieur décèlera une entorse cervicale accompagnée de nombreuses contusions pour l'aspect physique ; après deux mois le traumatisme psychologique est toujours très fort.
Comment une telle négligence est-elle possible de nos jours ?
Ce n'est pas parce qu'on est en école qu'il ne peut rien nous arriver. Mais dans le cas présent, il y a une accumulation de négligences et d'erreurs !
Le but de ce récit est d'éviter qu'une telle situation ne se reproduise.
Les questions que je me pose :
L’élève moniteur était-il suffisamment compétent pour assumer un poste seul au décollage?
La monitrice qui était à l'atterrissage ne s'est jamais préoccupée de Sonia, pourquoi ?
Tout le monde dans la vallée sait que cet ancien décollage est à proscrire après midi en raison de fortes turbulences, pourquoi avoir laissé Sonia décoller ?
Durant l'incident de vol, personne ne lui a parlé à la radio pour l’aider (elle avait un secours).
Sonia est vivante, elle marche, c'est un miracle! Mais à aucun moment un des moniteurs ne l'a emmenée aux urgences pour passer les examens qui s'imposaient.
Au sein du stage, de multiples négligences ont été observées dans l'encadrement. Par ailleurs, la monitrice n'a pas réagit professionnellement, elle aurait dû emmener son élève aux urgences. Quant à la déclaration d'accident, heureusement que Sonia a insisté pour qu’elle soit remplie. Alors comment peut-on laisser enseigner une personne qui a manifestement des lacunes ? Il y a pourtant d’autres moniteurs compétents qui travaillent avec elle.
Le contrôle des structures FFVL au sein des écoles existe mais est-il vraiment représentatif ?
Le matériel est de plus en plus perfectionné, les normes plus strictes, les tests déterminants et les obligations des écoles toujours plus présentes. On peut imposer un parachute de secours en école mais si il n'y a pas un moniteur pour vous dire de l'ouvrir à quoi ça sert ?
Je pensai que désormais le niveau de l'enseignement était cohérent dans toutes les écoles. Il semble que ce ne soit pas le cas.
Je pense que nous sommes en sécurité au sein d'un encadrement compétent et je connais beaucoup de moniteurs qui font de leur métier un sacerdoce, où l'implication et le souci de sécurité sont omniprésents.
On pourrait se dire que c'est la fatalité, que Sonia a surpiloté, que c'est un cas isolé et que tout se termine bien. Oui, on pourrait. Mais j’écris pour éviter qu'un soir vous ne décrochiez votre téléphone et qu'à l'autre bout du fil vous entendiez l’un de vos proches, en larmes, courbaturé au point de ne plus pouvoir bouger. Vous le pensiez en sécurité parce qu'il était encadré. A plusieurs heures de route vous ne pouvez ni l'aider ni l'accompagner aux urgences.
Je vous écris parce que c'est à mon amie que c’est arrivé.
Les faits: Sonia, une quarantaine de vols, a déjà effectué plusieurs vols de plus d'une heure mais toujours sous la responsabilité de moniteurs. Pour continuer à progresser elle décide de faire un stage de perfectionnement dans l’une des plus belles vallées des Pyrénées. Au cours du dernier vol de la matinée, après un moment passé à « gratter » le long d’un relief, elle n’arrive pas ...